N'OUBLIEZ PAS DE METTRE LE LECTEUR MUSICAL SUR PAUSE
(colonne de gauche)
Je veux vivre tout seul
Libre comme un oiseau sur son fil
Sans famille, sans femme, sans amis.
Je veux vivre tout seul
Rien que moi de face et de profil
Sans visage, sans papiers, sans pays.
J’en ai marre de toujours faire le beau
De sourire j’ai mal dans mon cœur.
J’en ai marre je veux monter plus haut
A l’abri des chiens et des chasseurs.
Je veux vivre tout seul
Libre comme un oiseau sur son fil
Sans visage, sans papiers, sans pays.
Je veux vivre tout seul
Libre comme un poète en exil
Sans famille, sans femme et sans amis.
Certains soirs je trouve sur ta peau
Quelque chose qui ressemble au bonheur
Mais hélas tu t’endors aussitôt
Le matin tu te lèves à huit heures.
Like a bird on the wire
Like a drunk in a midnight choir
I have tried in my way to be free
"Où que me porte mon voyage, la Grèce me blesse"
Un magnifique poème de Giorgos Seferis, prix Nobel de littérature en 1963
Lu de façon admirable par Mélina Mercuri sur une musique de Mikis Theodorakis
Où que me porte mon voyage la Grèce me blesse
À Pilion parmi les oliviers
la tunique du Centaure
glissant parmi les feuilles
a entouré mon corps
et la mer me suivait pendant que je marchais
Où que me porte mon voyage, la Grèce me blesse
À Santorin en frôlant
Les îles englouties
En écoutant jouer une flûte parmi les pierres ponces
Ma main fut clouée à la crête d'une vague
Par une flèche subitement jaillie
Des confins d'une jeunesse disparue
Où que me porte mon voyage la Grèce me blesse
À Mycènes
j'ai soulevé les grandes pierres
et les trésors des Atrides
j'ai dormi à leurs côtés à l'hôtel de "La Belle Hélène"
ils ne disparurent qu'à l'aube lorsque chanta Cassandre
un coq suspendu à sa gorge noire
Où que me porte mon voyage la Grèce me blesse
À Spetsai, à Poros et à Mykonos
les barcaroles m'ont soulevé le coeur
Où que me porte mon voyage la Grèce me blesse
Que veulent donc ceux qui se croient à Athènes
ou au Pirée
l'un vient de Salamine
et demande à l'autre
s’il "ne viendrait pas de la place Omonia"
"non, je viens de la place Syndagma"
répond-il satisfait
"j'ai rencontré Yannis
et il m'a payé une glace
Pendant ce temps la Grèce voyage
et nous n'en savons rien
nous ne savons pas que tous nous sommes marins sans emploi
et nous ne savons pas combien le port est amer
quand tous les bateaux sont partis
Où que me porte mon voyage la Grèce me blesse
Drôles de gens
ils se croient en Attique
et ne sont nulle part
ils achètent des dragées pour se marier
et il se font photographier
l'homme que j'ai vu aujourd'hui
assis devant un fond de pigeons et de fleurs
laissait la main du vieux photographe
lui lisser les rides creusées
de son visage
par les oiseaux du ciel
Où que me porte mon voyage la Grèce me blesse
Pendant ce temps la Grèce voyage
voyage toujours
et si la mer Egée se fleurit de cadavres
ce sont les corps de ceux qui voulurent rattraper à la nage
le grand navire
Où que me porte mon voyage la Grèce me blesse
Le Pirée s'obscurcit
les bateaux sifflent ils sifflent sans arrêt
mais sur le quai nul cabestan ne bouge
nulle chaîne mouillée n'a scintillé dans l'ultime éclat
du soleil qui décline
Où que me porte mon voyage, la Grèce me blesse
Rideaux de montagnes archipels
granites dénudés
le bateau qui s'avance s'appelle
Agonie...
Georges Seferis
Léo Ferré "Il n'y a plus rien"
Un MONUMENT dans l'oeuvre de Léo Ferré
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Vidéo envoyée par conroux
Il est face à la beauté de la femme qui pourtant vieillit. Il revoit l'amour fort et tumultueux. Un texte de poésie biblique.
Essai de traduction :
Pourquoi vous tenez vous à la fenêtre
Abandonnée à la beauté et à la fierté
L'épine de la nuit à votre poitrine
La lance de l'âge à votre flanc
Perdue dans les fragrances (fureurs)de parfum
Perdue dans les froissements du remord
Perdue devant les signes de la maladie
Qui défait vos longues nervures argentées.
Oh! amour choisi Oh! amour gelé
Oh! enchevêtrement de questions et de spectres
Oh! chérie des anges des démons et des saints
Hôte au cœur entièrement brisé Douce est cette âme.
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